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#BoycottHumanZoo I : le racisme s’invite au musée

Le fait que ce type d’exposition passe est le reflet d’une pensée persistante qui veut l’homme noir inférieur. Le fait de mettre en scène cette exposition, c’est permettre aux descendants des esclavagistes d’expérimenter la chose et aux descendants d’esclaves de revivre cette humiliation. Je ne pense pas qu’elle soit nécessaire car la diaspora africaine subit tous les jours les effets d’un racisme plus ou moins actif, qu’il soit dit ou pas. Qui n’a pas eu droit aux crachats, aux mains indésirables dans ses cheveux crépus? Qui n’a pas eu droit aux ‘rentre chez toi’, ‘ne me touche pas’, ‘sale macaque’ etc.? Sans parler des barrages pour se loger, travailler, passer le permis, etc. Enfin, vous savez aussi bien que moi. Les Africains sur leur propre sol subissent ce racisme puisque leur pays ne leur appartiennent pas et reste le terrain de chasse des occidentaux et chinois au détriment des peuples d’Afrique.

De plus, le côté sacré de la mort de plus de 10 millions (peut-être 20, peut-être encore plus) d’hommes est complètement bafoué, une fois de plus. Non seulement il y a une banalisation du racisme anti-noir mais en plus, le monde occidental nie à l’homme noir sa souffrance face à ce racisme. D’après Sarkozy, l’homme noir n’a pas laissé de trace dans l’histoire, d’après Hollande, les réparations ne sont pas nécessaires, d’après la production de Canal + les Africains n’ont pas compris l’humour du sketche sur le Rwanda. Oui, tout le monde sait que l’Africain est bête. Celle-là, on l’entend souvent, en interview, à la télé et ça ne gêne personne. Toujours dans la même lignée, la France a attendu que 99% des tirailleurs soient morts avant qu’ils ne commencent à leur verser leur pension alors qu’ils étaient en première ligne.

Cette exposition me révolte en tant que personne africaine mais malheureusement ne me surprend pas du tout aux vues de ce que j’ai pu observer de la pseudo bien-pensance de la société occidentale. France terre des droits de l’homme est une utopie et beaucoup de blancs plus que vous croyez et plus qu’ils ne le croient eux-mêmes sont racistes. Le zoo humain, s’était il n’y a pas longtemps, demandez à Karembeu. Je ne sais pas ce que le peuple noir a fait pour que la terre entière nous considère comme leur esclaves. Nous avons été esclaves des blancs, des arabes, des amérindiens, des asiatiques, sur tous les continents et pour certains cette blessure est encore vivace. Il n’y a qu’à voir la situation aux États-Unis par exemple. L’esclavage est un sujet assez grave qu’il serait bon de traiter sans blesser les premiers concernés.

Contrairement à ce qu’une partie de l’opinion publique, la dimension éducative n’est pas atteinte puisque l’on jette en patûre des images réductrices de l’homme noir, sans explication aucune. Chacun étant libre de sa pensée, comment garantir que la conscience de l’homme blanc face à la souffrance de l’homme noir sera éveillée. Je me pose la question. La question a aussi été posée de savoir si le public aurait réagit de cette façon (pétition et tout le toutim) si l’artiste avait été noir. Moi, je me demande même si un artiste noir aurait pu avoir l’idée d’exposer l’esclavage de cette façon. La question n’est pas tellement le sujet ou le fond mais bien la forme qui renvoie l’homme noir dans ses souffrances. Il aurait été peut-être plus intéressant, en tant qu’artiste, de renverser la situation et de mettre des blancs enchaînés – quoique l’idée même de voir des gens enchaînés et en cage ne m’attire pas personnellement – pour les rappeler à leur propre passé hors là le blanc en voyant cette pseudo oeuvre se retrouve une énième fois, qu’il soit choqué ou pas, gêné ou pas, hilare ou pas, en position de supériorité face un homme noir enchaîné comme un animal. Pour moi, ce n’est pas de l’art. C’est aux Africains de se prendre en main. Comme dit l’autre, le respect ne se demande pas mais se prend.

Mrs. Roots

 

Après les nombreuses discussions sur le net et les articles éparses et discrets sur le sujet, Po Lomami et moi-même avons décidé de rédiger cet article sur Exhibit B. Ce dernier sera publié en 2 parties : l’une qui va suivre ci-dessous et la seconde, qui sera publiée dans 3 jours sur le site de Po. Malgré les deux plateformes, nous indiquerons bien sûr les liens de chaque partie pour l’unité de cet article, et maintenons que la rédaction de ce dernier s’est fait à quatre mains. Il n’est donc pas question ici de points de vue séparés mais bien d’un malaise et d’une colère commune.
Nous devons l’avouer, il nous a fallu un moment.
Il nous a fallu un long moment, les pas traînants, pour accepter de prendre le temps de nous asseoir, de regarder droit dans les yeux ce qui est en train de nous tomber dessus…

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